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| Le pont Ujibashi, entrée du sanctuaire intérieur |
Le sanctuaire se situe dans la préfecture d'Ise, au sud d'une ligne Osaka-Nagoya, et comprend en fait deux sites : le sanctuaire intérieur (naikuu) et le sanctuaire extérieur (gekuu).
Il s'agit du plus grand site shintoiste du Japon et suivant un rite remarquable, pratiqué inlassablement depuis des siècles avec toutefois quelques ratés, le sanctuaire est entièrement détruit puis reconstruit suivant un cycle de vingt ans. On peut avancer aussi bien une explication architecturale, les constructions en bois vieillissent mal, que symbolique, l'importance de l'éphémère dans le shintoisme, pour expliquer l'apparition d'un tel rite.
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| Le palais Kaguraden dans le sanctuaire intérieur |
L'entrée dans le sanctuaire intérieur se fait par un grand pont en bois, le pont Ujibashi, après avoir passé le grand torii qui marque la limite du monde sacré.
Le sanctuaire est en grande partie boisé et les chemins sont recouverts de gravier rond, ce qui donne un côté majestueux à l'approche des temples. On passe devant plusieurs d'entre eux, notamment l'imposant palais Kaguraden, avant d'atteindre le temple principal. J'ai aussi eu la chance de croiser quelques daims peu farouches sur la route. Tout est construit et agencé par l'homme et pourtant tout paraît si naturel dans les temples shintoistes, ou quand le travail et le talent ont l'air si simples...
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| Seimiya, le temple principal du sanctuaire extérieur |
Il y a encore aujourd'hui un lien très fort entre le sanctuaire d'Ise et la famille impériale japonaise. C'est pourquoi outre les religieux, seuls l'empereur et sa femme peuvent pénétrer dans le temple principal. L'empereur honore aussi de sa présence les principales étapes du cycle de reconstruction de vingt ans.
Le sanctuaire extérieur n'est pas mitoyen au sanctuaire intérieur mais se situe à quelques kilomètres de celui-ci.
Suivant un plan similaire, après avoir passé deux toriis, on longe quelques petits temples avant d'arriver au temple principal, le Seimiya, entouré d'arbres millénaires qui m'ont paru prêts à tomber au prochain gros coup de vent. D'ailleurs le tronc à gauche sur la photo du Seimiya montre un angle, en rien dû à un effet d'optique photographique, par rapport à la verticale qui ne laisse présager rien de bon. Ce sanctuaire est très ancien, il date du cinquième siècle de notre ère et a été construit dans la forêt dite des "vieux arbres".
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| Un des nombreux petits temples dans le sanctuaire extérieur : Tsuchinomiya |
Sur la gauche, on trouvera trois petits temples, dont le Tsuchinomiya dédié au dieu protecteur du sanctuaire. On notera pour chaque bâtiment, comme pour le temple principal, un espace mitoyen laissé libre pour la reconstruction rituelle. On détruit à gauche, reconstruit à droite, et vice-versa vingt ans plus tard. Chaque temple se voit donc attribuer deux fois la place nécessaire pour le bâtiment lui-même. C'est une sorte de jachère shintoiste, si j'ose la comparaison.
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