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Le temple Daitokuji est considéré comme l'un des meilleurs lieux pour expérimenter la culture bouddhiste zen japonaise.
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| L'entré du Koutouin, prendre à droite puis... |
Il appartient à la secte zen Rinzai. Ce grand temple est entouré de beaucoup d'autres plus petits et le tout forme une sorte de village de temples dont la majorité est accessible au public. On peut beaucoup y apprendre sur l'architecture, les jardins et y expérimenter la cérémonie du thé.
Parmi tous ces temples se trouve un petit bijou, le temple Koutouin, qui est à mes yeux l'un des plus beaux du Japon. Il est notamment célèbre pour ses jardins dans lesquels le visiteur peut se promener : il y a même des pantoufles spéciales pour y aller sans trop l'abîmer.
C'est un tout petit temple fondé lors de la période Momoyama (début de l'ère Edo) par Hosokawa Tadaoki (1563-1645) qui était à la fois général et maître du thé. On dit que le Koutouin a même servi de résidence à l'un des plus grands maîtres de la cérémomie du thé, Sen no Rikyu.
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| ... longer l'allée de bambous. |
Les jardins sont dits les plus beaux pendant le kouyou (période de l'automne où les feuillages changent de couleur) mais je ne les ai visités qu'au printemps pendant le shinryoku (littéralement "nouveau vert").
La petite allée ombragée, pavée et avec une rampe en bambou, qui mène au temple est tout simplement magnifique et annonce bien la suite. Le plus exceptionnel est le faible nombre de visiteurs : on peut profiter du calme du lieu et passer cette allée solitaire. Bonne préparation à l'ambiance zen du bâtiment et de ses jardins. Je dois avouer que dès l'entrée du temple, je me suis senti transporté dans un autre monde, une apnée qui dure toute la visite...
Après s'être déchaussé, on peut commencer la visite du Koutouin. Tatami, bois, murs coullissant en papier, décoration minimaliste, fraîcheur malgré la canicule extérieure, bref le meilleur du Japon. Et puis ce silence qu'on abîme avec le craquement du tatami sous nos pas nous oblige à avancer avec respect et précaution, sur la pointe des pieds.
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| Les jardins vus de l'intérieur. |
Dans le plus pur style japonais, le plancher est surélevé d'un demi-mètre et les jardins commencent là où le bâtiment s'arrête, on peut presque les toucher de l'intérieur. D'ailleurs cette limite entre intérieur et extérieur est bien floue tant le tapis de mousse prolonge naturellement le bois et les nattes en bambou. Tout est végétal.
A peine assis pour contempler les jardins, on est comme aspiré dehors. Le corps est ici, l'esprit est ailleurs et celui-ci peut facilement braver l'interdit et se promener parmi les arbres et les mousses.
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| Les jardins au printemps |
Je ne saurais dire si je suis resté longtemps, comme ca, immobile. Je me souviens avoir observé une fourmi esseulée, probablement perdue, au loin dans la mousse rase. Petit tache noire là-bas dans le vert. Je crois qu'on a fait un petit bout de chemin ensemble.
Si l'esprit ne suffit pas, on peut tout de même sortir dans une partie restreinte des jardins après avoir chaussé des pantoufles prêtées par le temple. Vous n'auriez sans doute pas oublié qu'on vous a subtilisé vos chaussures à l'entrée.
On suit des chemins fait d'une unique rangée de grosses pierres plates légèrement espacées. On peut se promener librement ou presque, mais il faut avoir compris le code.
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| En automne aussi ils valent le déplacement! |
Si vous venez à croiser un caillou posé bien en évidence au milieu d'une des grosses pierres, celui-ci vous interdit tacitement d'aller plus loin dans cette direction. Il vous faudra rebrousser chemin : c'est le caillou qui gagne, il était là avant vous et ce point n'est pas négociable même si on brûle d'envie d'aller voir ce qui se cache plus loin.
Il est temps de rentrer et on part le coeur léger. Heureux de constater que cette fois non plus nos chaussures n'ont pas disparu. C'est l'heure du réveil et du retour à une vie plus normale. Il faudra revenir un jour...
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